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Le voyageur espagnol face à l'IA : âge, revenu et famille

Publié le 4 min de lecture

Famille à une porte d'embarquement consultant un téléphone avec une carte holographique, un couple plus âgé derrière avec un guide papier. Image générée avec l'IA.

Qui utilise vraiment l'IA pour voyager en Espagne ? Si vous répondez « les vingtenaires », vous avez à moitié raison et vous ratez l'intéressant. En croisant les principales études disponibles, un portrait à trois surprises se dessine — avec des conséquences directes pour qui vend du voyage.

La photo générale : l'Espagne à mi-tableau mondial

35 % des voyageurs espagnols utilisent l'IA dans leurs voyages, selon la sixième édition de l'étude de tendances de Simon-Kucher (enquêtes auprès de plus de 10 000 voyageurs dans 10 marchés, terrain mi-2025). Avec une réserve de dénominateur — « utiliser l'IA pour quelque chose du voyage » est une toise large —, la donnée place l'Espagne dans une position singulière : devant ses voisins européens (France 24 %, Pays-Bas 26 %) et à des années-lumière de l'Asie (Chine 81 %, Inde 71 %, Arabie saoudite 76 %).

Avec une toise plus étroite, l'étude de LLYC et Appinio (avril 2026, 2 000 entretiens auprès d'Espagnols de 18 à 65 ans) mesure l'usage de l'IA générative spécifiquement pour planifier : 28 %. Les deux chiffres sont compatibles — ils mesurent des choses différentes — et dessinent ensemble un marché en pleine rampe d'adoption, sans majorité encore.

Surprise 1 : les familles mènent, pas la Gen Z

La donnée la plus contre-intuitive de l'étude LLYC-Appinio est la répartition par type de foyer : les couples avec enfants sont le segment qui utilise le plus l'IA générative pour planifier (31,3 %), devant les couples sans enfants (25,9 %) et les voyageurs seuls (17,9 %).

L'explication colle à l'expérience de quiconque a vendu des voyages en famille : c'est la complexité qui compte, pas le goût pour la technologie. Un voyage avec enfants est un problème d'optimisation à contraintes multiples — horaires, budgets, repas, siestes, distances — et c'est exactement le type de problème où un assistant épargne le plus de travail. L'IA n'est pas adoptée d'abord par qui l'admire le plus, mais par qui a le plus de papiers à faire coïncider.

Surprise 2 : le revenu discrimine plus que l'âge

Par âge, l'écart existe mais reste modéré : 30,9 % d'usage chez les 18-29 ans contre 24,6 % chez les 55-65 ans. Par revenu, la distance explose : de 21,6 % dans les foyers gagnant moins de 1 000 euros mensuels à 44,6 % dans ceux à 4 000 ou plus — plus du double.

Ce croisement démonte le cliché du « natif numérique » comme unique variable explicative. Le profil d'adoption maximale n'est pas l'étudiant sur TikTok : c'est le foyer de revenu moyen-supérieur avec enfants et peu de temps. Une nuance complémentaire de la même étude le renforce : 56 % de ceux qui utilisent l'IA pour les voyages l'ont aussi utilisée lors de leur dernier achat d'une autre catégorie (contre 44 % en moyenne) — le voyageur-IA est un utilisateur transversal de la technologie, pas un touriste curieux.

Surprise 3 : utiliser n'est pas se fier

Toute cette adoption cohabite avec un scepticisme robuste. Seuls 14,9 % des Espagnols utilisent l'IA pour la réservation finale, et parmi les familles de 30-44 ans qui planifient avec elle, un tiers vérifie manuellement ce qu'elle propose et à peine 7 % s'y fient sans contrôler (LLYC et Appinio, 2026). Et dans la hiérarchie de confiance, l'IA s'en sort mal : seuls 4,9 % la placent en première source, contre 33,2 % qui font d'abord confiance à leur agence de voyages (Ávoris Travel Insights, 2026 — étude d'un groupe d'agences, à noter).

Sur les jeunes circule un chiffre frappant d'eDreams Odigeo (2025) : 96 % des Espagnols de 18 à 24 ans auraient utilisé l'IA pour planifier leurs escapades. Cité pour mémoire — avec la réserve qu'il s'agit de l'auto-enquête d'une OTA et que le chiffre invite à se demander ce qu'il mesurait exactement. Plus solide, celui d'Amadeus avec YouGov (2024, 2 211 adultes) : 58 % des adultes espagnols avaient déjà utilisé l'IA générative pour quelque chose — les 42 % restants, jamais — et chez les 18-24 ans le chiffre monte à 85 %.

Ce que je ferais de ce portrait si je vendais du voyage

Après quinze ans à vendre des voyages chez un tour-opérateur, trois traductions pratiques :

  1. Concevez pour la famille planificatrice. Le segment leader valorise exactement ce qu'un bon contenu peut donner : des données concrètes et combinables (horaires + âges + prix + logistique). La page « voyager avec des enfants » à l'information prémâchée n'est pas du contenu mou : c'est la landing du segment qui utilise le plus l'IA.
  2. Ne rayez pas le senior. Un quart des 55-65 ans utilise déjà l'IA générative pour planifier ; les usages que le voyageur espagnol valorise le plus sont la traduction simultanée (58 %) et la recherche de vols et d'hôtels (38 %) (Amadeus/YouGov, 2024). Le design qui le sert simplifie au lieu d'éblouir.
  3. Soyez la vérification. Si le motif national est « je planifie avec l'IA, je vérifie à la main », le gagnant est celui qui apparaît dans la phase IA puis se vérifie facilement : données claires, téléphone visible, une personne qui répond. La méfiance du voyageur espagnol n'est pas votre ennemie — c'est votre ouverture.

Questions fréquentes

Combien d'Espagnols utilisent l'IA pour planifier leurs voyages ?

35 % des voyageurs espagnols utilisent l'IA dans leurs voyages selon Simon-Kucher (2025, plus de 10 000 voyageurs dans 10 marchés), et 28 % utilisent spécifiquement l'IA générative pour planifier selon LLYC et Appinio (2026, 2 000 entretiens). L'Espagne devance la France (24 %) et les Pays-Bas (26 %), mais reste loin de la Chine (81 %) ou de l'Inde (71 %).

Quel segment utilise le plus l'IA pour voyager en Espagne ?

Contre l'intuition, pas les plus jeunes mais les familles : les couples avec enfants atteignent 31,3 % d'usage, contre 25,9 % pour les couples sans enfants et 17,9 % pour les voyageurs seuls (LLYC et Appinio, 2026). C'est la complexité du voyage qui compte : plus il y a de contraintes, plus l'IA est utile.

L'âge ou le revenu pèse-t-il plus dans l'adoption de l'IA pour voyager ?

Le revenu discrimine davantage : l'usage va de 21,6 % dans les foyers gagnant moins de 1 000 euros à 44,6 % dans ceux à 4 000 ou plus (LLYC et Appinio, 2026). Par âge, l'écart est plus faible qu'attendu : 30,9 % chez les 18-29 ans contre 24,6 % chez les 55-65 ans.

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